L’invasion assyrienne
Au VIIe siècle avant notre ère, l’Égypte traverse une période de fragilité politique. Après la domination des pharaons nubiens de la XXVe dynastie, le pays se trouve pris dans les ambitions de l’Empire assyrien, alors l’une des puissances militaires les plus redoutables du Proche-Orient. Les souverains égyptiens et koushites tentent de préserver leur influence au Levant, une région que les Assyriens considèrent comme stratégique. Cette rivalité finit par provoquer une intervention directe en Égypte.
En 671 av. J.-C., le roi assyrien Assarhaddon lance une campagne contre le pharaon Taharqa. Après plusieurs affrontements, ses troupes prennent Memphis, l’une des principales villes du pays. Taharqa se replie vers le sud tandis que les Assyriens installent ou confortent des dirigeants locaux chargés de maintenir leur autorité. La conquête reste toutefois difficile à stabiliser : dès que l’armée assyrienne s’éloigne, les adversaires de l’Empire cherchent à reprendre le contrôle.
Quelques années plus tard, Assurbanipal, fils et successeur d’Assarhaddon, doit intervenir à son tour. Taharqa puis son successeur Tanoutamon tentent de restaurer la puissance koushite en Égypte. Les Assyriens réagissent par de nouvelles campagnes. En 663 av. J.-C., leurs forces atteignent Thèbes, grande capitale religieuse de Haute-Égypte, qui est pillée. Cet épisode marque profondément les contemporains et symbolise le recul définitif de la domination nubienne sur l’Égypte.
Pour autant, l’Égypte ne devient pas durablement une simple province assyrienne. Les conquérants préfèrent s’appuyer sur des princes égyptiens locaux. Parmi eux se trouve Psammétique, souverain de Saïs, qui profite progressivement du retrait assyrien pour réunifier le pays. Vers le milieu du VIIe siècle av. J.-C., il fonde la XXVIe dynastie, dite saïte, et ouvre une nouvelle phase d’indépendance égyptienne.
L’invasion assyrienne constitue donc un épisode bref mais décisif des derniers siècles de l’Égypte pharaonique. Elle montre combien le pays est désormais intégré aux rapports de force du Proche-Orient, entre Assyriens, Nubiens et puissances locales. L’Égypte retrouve ensuite son autonomie, mais d’autres empires convoiteront bientôt la vallée du Nil.





