La fin des grands pharaons
Après les règnes prestigieux de souverains comme Thoutmôsis III, Amenhotep III ou Ramsès II, le Nouvel Empire égyptien entre progressivement dans une période de fragilisation. Il ne s’agit pas d’un effondrement soudain, mais d’un long processus. À partir de la XXe dynastie, le pouvoir royal doit composer avec des difficultés économiques, des tensions politiques et une autorité moins solide qu’au temps où l’Égypte dominait une partie importante du Proche-Orient.
Ramsès III, qui règne au début de la XXe dynastie, parvient encore à défendre le royaume contre plusieurs menaces extérieures. Mais son époque révèle aussi des difficultés internes. Sous son règne se produit notamment la célèbre grève des ouvriers de Deir el-Médineh, provoquée par des retards dans la distribution de leurs rations. Cet événement exceptionnellement bien documenté montre que l’administration égyptienne éprouve désormais davantage de difficultés à assurer son fonctionnement régulier.
Après Ramsès III, plusieurs souverains portant eux aussi le nom de Ramsès se succèdent. Le prestige de la fonction pharaonique demeure, mais l’influence politique et économique des grands temples, notamment celui d’Amon à Thèbes, devient considérable. Dans le même temps, l’autorité égyptienne à l’extérieur de ses frontières se réduit. L’empire puissant du début du Nouvel Empire laisse progressivement place à un royaume davantage préoccupé par ses équilibres intérieurs.
À la fin du règne de Ramsès XI, dernier souverain du Nouvel Empire, l’unité politique du pays est profondément transformée. Dans le nord, un nouveau centre de pouvoir se développe autour de Tanis, tandis qu’en Haute-Égypte les grands prêtres d’Amon exercent une autorité majeure depuis Thèbes. À la mort de Ramsès XI, vers 1069 avant notre ère selon la chronologie généralement retenue, les égyptologues font commencer la Troisième Période intermédiaire.
La fin des grands pharaons du Nouvel Empire ne signifie donc pas la disparition de l’Égypte ancienne. Le pays conserve ses temples, ses traditions religieuses, son administration et ses dynasties pendant de nombreux siècles encore. Ce qui s’achève est surtout une époque : celle d’un État fortement centralisé capable de projeter sa puissance très loin de la vallée du Nil. Après plus de quatre siècles de Nouvel Empire, l’Égypte entre dans une nouvelle organisation politique, plus fragmentée et plus complexe.





